Les 6 principes de la discipline positive

Qu’est-ce que la discipline positive: ce mode d’éducation situé entre bienveillance et fermeté? Je laisse la parole Franck, formateur en la matière pour nous expliquer les 6 principes de base de la discipline positive. Franck, c’est à toi…

Bonjour à vous chers lecteurs. Tout d’abord je tiens à remercier Marine pour son invitation à publier un article sur son blog. Je prends cela comme un grand honneur, et j’espère que je vais te faire honneur.

Je me présente, je m’appelle Franck, je suis le papa de deux adorables petits bouts de choux (enfin quand ils ont décidés ☺ ) , Lino 6 ans et Apolline 3 ans. Je suis également formateur en éducation bienveillante et auteur du blog « le bonheur en famille ».

Comme beaucoup de parents, j’ai accueilli les naissances de mes enfants avec beaucoup de joies et d’appréhensions, comme toute personne humaine qui va se promener dans un avenir proche sur des chemins inconnus. C’est surtout vrai pour le premier, car pour la cadette, on connait déjà le parcours et ce n’est déjà plus une destination totalement inconnue. Même si chaque cas reste unique, et c’est ça qui fait le bonheur de la parentalité.

Mais comme tous les parents (ou peut être la plupart), j’ai eu une période où, avec ma femme, nous ne nous en sortions pas avec nos enfants, et où nous nous sommes sentis débordés par notre rôle éducatif. Il faut dire que malgré que le métier de parent soit le plus dur au monde (et finalement, celui qui nous tient le plus à cœur), le seul conseil, la seule formation que j’avais reçu avant la naissance de Lino, provenait d’un collègue qui m’avait dit « tu feras comme tous les parents : comme tu peux » …et voilà, avec ça mon petit Franck, tu es armé ☺.

Mais malheureusement, la parentalité n’a pas été un long fleuve tranquille. Nous avions du mal à passer une journée sans crier, sans menacer, sans punir nos enfants. Quand ce n’était pas le chantage, la culpabilisation, ou encore la fessée. Avec comme conséquence, d’abord de la culpabilité et un mal-être pour nous, et ensuite un surenchérissement de provocations (du moins, c’est comme ça que nous le prenions à l’époque) de la part de nos enfants, surtout la petite dernière.

 

lire aussi: « Stop à la culpabilité, nous sommes des mamans bienveillantes!« 

 

J’avais vraiment l’impression que l’éducation était une bataille contre nos enfants. Qu’il fallait absolument un gagnant et un perdant (de préférence eux bien sûr). Parfois, je voyais Lino, que j’adorais plus que tout au monde, comme mon adversaire. Et bien sûr les crises ne s’arrêtaient jamais.

Voyant bien l’impasse vers laquelle ce mode d’éducation nous menait (et ayant eu une éducation assez stricte, et la plupart de mes amis d’enfance aussi, je sais que ça peut être destructeur). C’est à partir de là que j’ai commencé mon long chemin initiatique vers la parentalité bienveillante ☺

Ça a commencé par la lecture de quelques magazines, puis quelques livres, puis le visionnage de quelques vidéos sur YouTube, pour continuer sur des conférences et des séminaires. Etant quelqu’un de passionné, et ne faisant pas les choses à moitié quand j’aime, j’ai continué mon apprentissage jusque devenir formateur en Discipline Positive. Et actuellement, je suis en train de devenir formateur en méthode Montessori.

Mais dans cet article, c’est l’approche Discipline Positive, créée par Jane Nelsen que je me propose de vous faire découvrir. C’est celle que je connais la mieux pour l’instant, même si ça ne m’empêche aucunement de piocher dans d’autres courants ou approches ce que je trouve efficace.

Cette méthode d’éducation bienveillante a des bases très anciennes, car elle puise ses racines des travaux de deux psychiatres autrichiens du début du 20ème siècle : Alfred Adler (1870-1937) et Rudolf Dreikurs (1897-1972). Ces deux médecins ont déterminé et mettent en avant les besoins fondamentaux de tout être humain : les sentiments d’appartenance et d’importance. C’est uniquement si ces deux besoins sont comblés, que l’homme ou la femme pourra s’engager dans un processus défini par Adler comme étant « l’intérêt social ». Ce processus lui permettra de donner le meilleur de lui-même.

Prenant la suite de ces deux précurseurs, et intégrant des concepts développés aux USA dans le courant des années 70 (méthode Gordon de 1974, etc…), Jane Nelsen inventa la Discipline Positive. Elle publia un premier livre en 2006, qui connut un succès phénoménal aux USA. Avec Lynn Lot, elles publièrent un livre plutôt tourné vers les adolescents (publié en France en 2014).

C’est la psychologue Beatrice Sabaté qui est à l’initiative de l’introduction de cette méthode d’éducation en France. Elle a fondé par la suite l’association Discipline Positive française.

Le but de cette pratique est d’apprendre aux enfants les compétences psychosociales. Elle est à destination à la fois des parents et des enseignants, alliant à la fois bienveillance et fermeté. Cependant, elle n’est ni permissive, ni punitive. Le résultat à atteindre est de développer chez les enfants le sens des responsabilités, l’autodiscipline, le respect et les compétences sociales.

Quels sont les grands principes de la Discipline Positive ?

1. Les êtres humains, et donc les enfants, sont des êtres sociaux

Selon Adler, l’enfant est bon à la base. Le sentiment de solidarité est commun à tous les enfants, mais peut disparaitre à la suite d’évènements plus ou moins graves.

2. Un des besoins essentiels chez l’homme est d’appartenir et d’avoir de l’importance

C’est essentiel. Tout enfant a besoin de savoir et sentir qu’il est désiré et qu’il a sa place dans sa famille, sa classe d’école, et plus largement dans la société.

3. Tout comportement d’un enfant est porté vers un but

En écho avec le point 2, il convient de traduire les actes de nos enfants. Dès que l’on comprend cela, on peut essayer d’analyser les comportements inappropriés des enfants et rechercher s’il ne s’agit pas d’une conséquence d’un sentiment de rejet.

Jane Nelsen évoque 4 objectifs miracles :

  • Accaparer l’attention
  • Prendre le pouvoir
  • Prendre une revanche (c’est-à-dire faire souffrir celui qui a fait souffrir, style « maman je te déteste)
  • Confirmer la croyance d’incapacité (se désengager de la famille ou la classe en confirmant l’image que l’enfant pense qu’on a de lui)

Ces objectifs sont l’arbre qui cache la forêt : derrière, il y a des besoins insatisfaits. Tant que l’on n’aura pas compris ce qui se joue derrière ces comportements, on ne pourra pas les arrêter.

Concrètement, ma fille était en prise de revanche avec sa maman. Car elle se sentait rejetée. Bien sûr à tort. Mais chaque humain interprète les événements à sa façon. Demandez à deux protagonistes leurs versions d’un conflit : chacun ira de son point de vue. Tout est rentré dans l’ordre quand j’ai insisté sur son appartenance à notre famille.

4. Un enfant qui se comporte mal est un enfant découragé

Plutôt que d’entrer en conflit avec son enfant qui a un comportement inapproprié (et ce n’est pas facile, car j’arrive encore à me faire entraîner dans ce genre d’opposition), envenimer les choses, et finalement, lui envoyer le message que « oui, tu es insupportable, tu ne fais pas partie de la famille » (du moins, c’est comme ça qu’un enfant peut interpréter la colère du parent), il conviendra de traduire ce comportement à travers le prisme de « je veux appartenir à la famille ou à la classe » et « je veux avoir de l’importance pour toi ».

 

lire aussi: « Les 7 causes des comportements excessifs de nos enfants et 6 étapes pour y répondre« 

5. Pour une bonne coopération, il doit y avoir le principe d’égalité

Entre les parents et les enfants. C’est un principe fort qui valorise le respect de chacun, grands et petits.

Voici les 4 étapes que propose Jane Nelsen pour favoriser la coopération des enfants :

  • Tout d’abord comprendre les émotions de nos enfants
  • Faire preuve d’empathie (une étape cruciale), partager nos propres émotions, expliquer nos expériences similaires
  • Communiquer notre ressenti d’adulte : ainsi cela évite les interprétations erronées
  • Et enfin il convient d’encourager l’enfant à trouver ses propres solutions
lire aussi: « Comment aider un enfant à résoudre ses problèmes?« 

6. Accorder le droit à l’erreur

Notre société française, contrairement aux USA, ne favorisent pas la culture de l’échec. En France, un entrepreneur qui échoue est vu comme un paria par les banques. Aux USA, on lui demande : « quels enseignements avez-vous tiré de cet échec ? ». Et pourtant, le monde appartient à ceux qui osent. Jane Nelsen insiste sur le fait d’autoriser les enfants à se tromper, et de ne surtout pas empêcher l’échec en faisant à leur place.

Mais dès lors, elle enseigne l’importance de la réparation : ce sont les 3R de la réparation :

  • Reconnaitre sa part de responsabilité
  • Se Réconcilier (accepter d’avouer à l’autre sa part de tort)
  • Résoudre : il est temps de trouver ensemble une solution

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Merci Franck pour cet article sur les 6 principes de base de la discipline positive.

Je vous ai préparé une petite infographie pour résumer tout ça en quelques mots…

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